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Mon pôpa – le plus grand trappeur de taupes que la Terre ait porté, soit disant – me fait du chantage alimentaire (c’est vil et méchant, mais ça marche) alors je poste.

Sauf que j’ai la flemme de vous raconter mon week-end de Pâques à Chiloé pasque c’était il y a longtemps, pasque c’était trop d’la boulette, pasque j’ai eu une veine d’enfer et que du coup j’ai rien de marrant à raconter, et qu’en plus, pompon sur le gâteau, j’ai fait des photos relativement moches. Pour ne pas dire franchement inintéressantes. Alors que c’était trop bô. Du coup j’ai honte, du coup je vous raconte pas.

Enfin pour le moment. Parce qu’une fois que je serais enterrée à La Source (le campus d’Orléans pour les intimes) jusqu’à fin juillet, peut-être que je n’aurais rien de mieux à faire que pleurer toutes les larmes de mon corps  sur mes récents et fantastiques vadrouillages. Et voui, ça sent la fin des haricots : on n’arrête pas de me demander quand est-ce que je m’en vais, on m’organise une “despedida party” (oui, je suis une assistée, je ne me l’organise pas moi-même), on m’offre un superbe tee-shirt “I love maté”… L’heure du retour au bercail approche.

Pendant tout ce temps où je me suis tue, on a eu un automne superbe (vive le réchauffement climatique, en fait). Si j’en avais le courage, je vous raconterais les Nothofagus qui se parent de couleurs automnales, la brume au petit matin sur le Lago Lacar ou dans la vallée du Rio Limay, les journées sur le terrain à se battre (et à perdre) contre le bambou, les pique-niques à la plage … Mais les premiers frimas ont fini par arriver. Du coup ça donne ça. Évidemment, vue depuis ma fenêtre au boulot (ou presque).

Panorama 1

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Oui, vous pouvez me maudire. Pasque dans une semaine je serais à Buenos Aires. Et quelques jours plus tard, à moi le Printemps ! En attendant, je vais continuer à me plaindre parce que j’aurais même pas pu skier à Bariloche ;)

Pour terminer en beauté ce week-end de la poisse à Puerto Madryn, deux options s’offrent à moi :

- Faire l’autiste et rester enfermée toute une journée à l’auberge de jeunesse. Avantage : risque limité de se faire surprendre par une tempête de sable intempestive. Inconvénient : repartir avec l’impression d’avoir légèrement perdu mon temps.

- Aller visiter Punta Tomba, la plus grande colonie de manchots de Magellan au monde. Avantage : déterminer si les colonies de manchots peuvent être aussi spectaculaires que celles de macareux-moines. Inconvénient : être envahie du désagréable sentiment d’être prise pour un pigeon occidental, une fois de plus.

Evidemment, je finis par décider de faire marcher l’économie locale, malgré toute l’aversion que j’ai déjà envers cette région. Bien m’en a pris : je me retrouve dans une kangoo (rappelez-vous, une kangoo est – presque – toujours un bon présage) avec Rebecca et Ian, deux très sympathiques anglais, et un chauffeur-guide pour nous tout seuls.

Comme de bien entendu, la petite sortie en mer pour voir des toninas – sorte de petits dauphins noirs et blancs – se solde par un cuisant échec. On aura au moins bien pris l’air et vu quelques bateaux de pêche…

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Une nouvelle traversée de la pampa (quelques guanacos et une sieste) plus tard, on arrive là.

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J’ai failli en oublier les guanacos, du coup.

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Même si les jeunes avaient déjà quitter la colonie et les parents étaient en pleine mue, je dois avouer que le spectacle est assez saisissant. Préparez-vous à manger de la photo de manchots.

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Un petit intru…

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Dur dur les lendemains de K-vo…

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Juste pour vous donner une idée de la crainte que n’inspire pas l’homme à ces charmantes bestioles …

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(N’hésitez pas à cliquer sur le panorama qui suit…)

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Bien sûr, au bout d’une heure et demi, le vent chargé de sable (et de plumes) devient aussi insupportable pour nous que pour les manchots. Nous filons donc vers la vallée du Chubut et Gaiman, un village typiquement gallois, pour un tea-time plus vrai que nature en compagnie de mes deux grand-bretons et de moult scones, lemon et autres carrot cakes.

Le retour se fera dans un étrange brouillard de sable et de cendres volcaniques, provenant tout de même d’un volcan chilien en éruption à presque 1 000 kilomètres à l’ouest…

On est d’accord, c’était la journée la moins maudite du week-end maudit.

Avertissement : les événements décrits dans cet article ne sont en aucun cas fictionnels. Aucune touriste n’a cependant été réellement mise en danger pendant la réalisation de cette journée d’exception.

Du coup, le lendemain, convaincue de m’être faite plumée comme n’importe quel vulgaire touriste par l’excursion à la Péninsule Valdés, je décide de bouger par mes propres moyens et en toute gratuité, i.e. en mettant à profit que Mère Nature (la même qui fait malencontreusement atterrir quelques otaries entre les grandes dents des grands méchants orques sauf que y’a que les yankees de la télévision qui ont droit de profiter du spectacle) m’ait doté de deux jambes fonctionnelles.

J’attaque par la – moche, cela va sans dire – plage de Puerto Madryn, plusieurs kilomètres de long qui ont tout de même le bon goût de former une baie, direction le sud en longeant la côte, objectif le premier coin sympa rencontré, pour pique-niquer et bouquiner tranquillement, voir piquer une tête, puisqu’il fait beau.

Au bout de cette plage, les restes des premiers abris dans lesquels se sont réfugiés les premiers colons qui ont débarqué ici. Y’a pas à dire, ils sont fous ces gallois.

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Motivée, j’envisage même de parcourir les 8 kilomètres qui me séparent encore de la prochaine colonie d’otaries. J’enchaîne donc sur une seconde plage, qui se révèle encore plus déserte et moche que la première. Elle présente en plus le mauvais goût de border un terrain militaire et s’agrémente logiquement de superbes structures en béton armé.

La première chose que je rencontre, ce sont des pommes alignées sur la grève (évidemment, c’est une plage de cailloux). Véridique. Rappelez-vous, si un jour vous croisez de vieilles pommes alignées sur une plage, c’est un mauvais présage.

Un peu plus loin, je débusque (c’est le mot) un couple qui visiblement comptait sur la fréquentation quasi nulle de cette plage pour contribuer activement à la surpopulation de la planète. Je commence à avoir faim, mais je voudrais surtout pas les troubler, je file donc et finis par croiser un couple de petits vieux des plus normaux. Il est important de noter qu’ils sont normaux, ça ne va pas se répéter beaucoup par la suite.

La plage est toujours sans charme, mais un peu plus loin, un coin plus sableux me semble un lieu idéal pour épancher ma faim grandissante. A l’instant exact où je m’apprête à poser mon sac, un monsieur sort d’un fourré le cucul à l’air . Tout compte fait, je n’ai pas si faim. Je rebrousse chemin, soudainement convaincue que la plage de Puerto Madryn est quand même vachement plus sympathique pour pique-niquer. Evidemment, avant de quitter définitivement cette plage pas du tout « buena onda » comme on dit par ici, j’aurais l’immense privilège de visualiser ce qui manquait justement au tableau de cette parfaite journée : l’exhibitionniste du coin qui fait prendre l’air à sa bistouquette du haut d’une dune…

Affamée, j’engloutis finalement mon sandwish avec vue sur Puerto Madryn, de nouveau. Bien entendu, c’est marée basse, je peux toujours me brosser pour la baignade.

Légèrement blasée, je rentre tranquillement en laissant mes doigts de pieds profiter de la vase du Golfo Nuevo, lorsque je finis par lever le nez, et découvre soudainement ma destination sous un jour nouveau.

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Non, ce n’est pas du brouillard. Non, ce ne sont pas quelques nuées inoffensives. Ce n’est pas non plus un incendie.

C’est une tempête de sable.

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En quelques minutes, je me retrouve à transpirer dans des rafales de vent chaud, la peau littéralement poncée par les particules de sable en suspension. Je suis encore à un bon gros kilomètre de mon auberge, cela va sans dire.

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Comme j’aime le sable, mais surtout lorsque il reste sur la plage, je décide finalement d’écourter mon séjour afin de conserver un peu de peau. Demain soir, je rentre dans mes pénates.

Déjà, normalement, ça aurait dû être une tétralogie. Et rien que ça, c’est une preuve de la malédiction qui s’est abattue sur moi en cette fin de semaine aujourd’hui un peu lointaine…

Comme il se doit, tout commence plutôt bien : les 13 heures de bus qui m’attendent s’annoncent très tranquilles dans un bus quasiment vide. Si seulement les sièges en classe éco pour les vols transatlantiques pouvaient être aussi confortables… L’apparition de jelly  – à la saveur qu’on qualifiera d’indéfinissable pour ne pas se fâcher avec nos amis grand-bretons – dans mon dîner aurait pourtant dû éveiller mes soupçons quant à la suite de ce périple vers l’océan Atlantique.

Fourbement, pour tromper l’ennemie, Puerto Madryn se présente tranquille au tout petit matin, sous un soleil resplendissant. Bien qu’un peu dans le pâté, je m’incruste directement dans une excursion vers la Péninsule Valdés, l’alibi de ce week-end d’escapade. Certains se rappelleront que Vincedeg’ y a passé quelques jours cet été (austral), et donc que cette zone protégée est « une occasion unique au monde d’aller à la découverte de la faune marine peuplant les charmantes côtes de l’Atlantique Sud ». Ca donne envie comme ça, non ? Et encore, vous ne l’avez pas entendu 15 000 fois au boulot, vous …

Entre nous, ce qui me motive plus que tout pour cette destination, c’est d’espérer voir les orques venir cueillir les bébés phoques sur la plage, hin hin hin… En Islande, j’avais loupé l’attaque d’un baleineau par une meute de ces  gentils cétacés – oui, de chanceux touristes avaient pu admirer ce charmant spectacle donné par Mère Nature dans la baie de Reykjavik, certains ne s’en sont toujours pas remis, je pense – comprenez ma frustration !

Première aperçu de la Péninsule.

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Pour la beauté époustouflante du site, on repassera. Je commence à douter de la pertinence d’enchaîner une journée de mini-bus à une nuit de bus, et de la sanité (quoi, on dit bien insanité, non ?) d’esprit de notre Agro à pédales, qui a quand même passé 3 jours ici avec quelques collègues aussi timbrés que lui…

Petite instant culture : si je vous montre cette photo et vous confie que notre Saint Exupéry national a séjourné tout près d’ici lorsque qu’il mettait en place l’Aéropostale en Patagonie, qu’est-ce que vous me dites???

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Allez, un petit effort…

Direction Punta Norte, pour arriver avant que la marée ne commence à baisser, histoire d’optimiser nos chances de voir les orques. Forcément, le garde-manger – i.e. quelques colonie d’otaries – est aussi au rendez-vous.

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Instant de méditation otaresque…

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I’m a poor lonesome cowboy…

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Certains bébés otaries sont un peu moins vivants que d’autres…

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Petit instant « Attendrissons-nous sur la beauté de Mère Nature » (non non, je n’essaie pas du tout de me réconcilier avec Greepeace ;) )

Franchement, secrètement, vous espériez que ça se termine autrement, non ? Ben moi aussi ;)

[Aparté privée : Cette vidéo est pour toi Frangin, faute de mieux ;) Feliz cumpleaños !]

Très vite, ce qu’on attend tous (et on est nombreux) avec impatience se profile à l’horizon : un puis deux ailerons. Le seul hic : ils sont loin. Super loin.

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On passera une bonne heure à plisser les yeux sans parvenir à déterminer si on a (encore) loupé une attaque du mâle ou pas. Au final, il paraît qu’il a attaqué trois fois, dont une fois avec succès : on va dire qu’on va croire ceux qui avaient des plus gros zooms que moi.

Pour vous et en exclusivité mondiale, des photos du (supposé) carnage.

Avant ?

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Avant ? Après ?

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Après ?

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Je vous entends déjà d’ici :

- Attends, attends, le « week-end de la poisse » tu dis ? Mais tu les as vu tes orques ! Ok, mal, de loin, tout ça, mais tu les as vu !

Ouais, d’accord, enfin ce qu’on a eu aucun mal à voir, c’est l’équipe de Discovery Channel en train de tourner sur la plage, là-bas, à quelques mètres des attaques. Parce que eux, évidemment, ils avaient le droit de sortir des quelques sentiers autorisés …

Pour distraire malgré tout ceux qui sont aussi déçus que moi, un espèce de tatou fait son petit numéro sur le parking.

Un petit tour…

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Et puis s’en va.

Ma déception est loin de se dissiper alors qu’on traverse dans un nuage de poussières cette espèce de lande aride et monotone, même si l’on croise de temps à autres quelques guanacos et autres choiques (les mini-nandous).

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Arrêt suivant : l’unique colonie d’éléphants de mer qui n’est pas sur les côtes d’une île inaccessible ou de l’Antarctique. Evidemment, il n’en reste plus que trois ou quatre qui se battent en duel. Et ils ont beau être gros, on ne les voit pas beaucoup mieux que nos amis les orques.

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Ces gros tas laissent quand même de sacrées traces sur la plage…

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On passera sur les quelques manchots de Magellan en pleine mue et donc à peu près aussi énergique que des plats de nouilles.

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Pour clôturer cette fantastique journée, le ciel se couvre alors qu’on arrive dans le seul bled de la Péninsule. Connaissez-vous quelque chose de plus déprimant qu’un village touristique hors saison, sous un ciel gris et bas, alors qu’une pauvre mouette vous harcèle pour vous chiper les restes de votre maigre déjeuner ? Bon, d’accord, ce dernier point est légèrement fictionnel ;)

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Franchement, si c’était pas dépitant, ça…

Parfois, le terrain, c’est pas aussi fun qu’on pourrait le penser. Par exemple il a y quelques jours (enfin semaines, hum hum…), tout a commencé avec une proposition alléchante : aller visiter une ou deux plantations à deux heures de route au sud de Bariloche, dans un coin que je ne connais pas, renommé pour sa production de houblon et ses bières artisanales (j’vous jure, c’est comme ça qu’on me l’a vendu). En fait, une journée à « nettoyer » une plantation de pins douglas, et donc à tondre dans un terrain en pente et à manier un outil primaire dont je ne connais pas le nom mais dont l’ergonomie et le poids n’est manifestement pas adapté à la morphologie féminine. Je vous laisse imaginer les ampoules aux mains, le « bronzage » agricole et les courbatures dans les bras et le dos le lendemain…

Finalement, après avoir contribué de manière pas du tout négligeable à la survie à moyen terme de nos petits pins (forcément, puisque les autres ne voulaient pas me laisser jouer avec la tronçonneuse et la machette), on m’a autorisé à accomplir une tâche beaucoup plus intéressante : la cueillette des mûres !

Par chance (pour mes courbatures, mais aussi pour mon estomac ,et pas que le mien – chuis pas si vorace, non mais ho), le lendemain est un jour férié (jour de la Mémoire des années de dictature, si j’ai bien compris). Les deux bons kilos de mûres se transforment donc (quasi) instantanément en :

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Une montagne de muffins – à partager avec mes collègues, ça faisait partie du deal pour me libérer de mes obligations de tonte ;)

Et …

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Un crumble pommes-mûres !

Et oui, je suis de nouveau atteinte d’une frénésie cuisinale : cannelle, muscade et autres oignons – ma sainte Trinité à moi ;) – n’ont qu’à bien se tenir !

Pour preuve, un dimanche, une première tentative de brioche.

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La prochaine fois, je penserai à au moins doubler la quantité de levure, pasque là, c’était un peu couflette mon truc. Mais c’est tip top avec les confitures maison au petit-déj’. Et puis quand elle est devenue trop sèche, le recyclage en brioche perdue était divin. Limite la prochaine je la laisse directement sécher et je la mange entièrement comme ça :)

Il y a aussi eu des sablés bretons, mais ils ont disparu trop vite pour les prendre en photo…

J’ai aussi mis en œuvre les cours de fermeture d’empañadas, avec une adaptation à la française, loin des classiques  garnitures jambon-fromage ou viande hâchée : empañadas ratatouille-jambon sec-fromage. Ca paraît d’une simplicité enfantine comme ça, mais la fermeture de l’empañada, voyez-vous, demande de la technique…que je suis incapable d’exécuter de la main gauche, allez savoir pourquoi !

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N’ayez pas peur, ce blog ne va pas subitement muter en blog de cuisine, il y a plein de choses que vous n’avez pas vu et ne verrez pas, notamment les pancakes cramoisis dominicaux (on se rend pas compte, mais la poêle anti-adhésive est un grand pas pour l’Humanité, en fait), les quiches bleu-poireaux ou les tartes fromage-aubergine-tomates,  ou encore les (au moins) bi-hebdomadaires tartes, crumbles ou autres gâteaux aux pommes … Et encore, je ne vous parle pas de ce que je ne cuisine pas, mais que je mange quand même (confitures, sirops, fromage maison, asados, tartelettes aux légumes, goulash aux petzels, râgouts,…), ma famille d’accueil s’efforçant à me préparer à un rude hiver que je ne vais pas subir … Je ne voudrais surtout pas que mes lecteurs se mettent à baver sur leur clavier !

PS : La preuve en image que les gnoccis, c’est délicieux, en fait.

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NPDLA [soit Note Préliminaire De l’Auteur. On aurait aussi pu appeler ça un prologue, comme pour le Tour de France, mais sans dopage. D’autant plus pertinent qu’il est vaguement question de cyclisme dans la suite. Ou bien une préface, sauf que ce sera manifestement écrit par moi. Ou encore un avant-propos. Ou un avertissement (rassurez-vous, rien de grave ne risque de vous arriver. Ni à moi. Normalement). Ou un préambule (de savon ). Ou un prélude, mais la suite va être assez peu musicale. Cessons plutôt ces élucubrations synonymesques sans grand intérêt]

Comme vous l’avez remarqué, je tente actuellement de rattraper mon retard dans le récit de mes passionnantes (ou pas) aventures sud-américaines, mettant pour cela à profit les premières pluies de l’automne, qui par là même réduisent drastiquement les éventuelles  péripéties à conter ici. Et s’il continue à pleuvoir, vous devriez même finir par savoir dans un futur pas trop lointain si j’ai finalement vu les bébés phoques se faire croquer par les orques sur les plages de la Péninsule Valdès (si ça, ça ne vous fait pas revenir régulièrement jeter un coup d’œil par ici, j’ai plus qu’à annoncer que j’ai croisé l’Abominable Homme des Andes lors d’une sortie terrain). Les prochains articles vont donc évoquer les temps lointains où le Soleil resplendissait (ou presque) sur la Patagonie. Oui, je sais, hahaha, c’est maintenant qu’on rigole dans l’hémisphère nord, blablablablabla j’entends pas !!!

[FNPDLA : comme Fin de la Note Préliminaire De l’Auteur]

C’est l’automne, pas de doute : Flo quitte le navire (soit Bariloche) avant l’arrivée des premières pluies. Pour nous consoler de la fin de l’été (et fêter son départ vers d’autres cieux plus cléments, soit vers le Nord), samedi soir, c’est la fête : souper* à la parilla. Traduction : barbecue de bœuf argentin. En bref : 400 gr de bonheur, le poids de notre pièce de bœuf. La viande argentine mérite laaaaaargement sa réputation, qu’on se le dise ;)

Et pour faire honneur à ce premier week-end automnal, on se lance dans le Circuito Chico (« Petit circuit » pour les non argentophones…Il faut savoir qu’ici rien n’est « pequeño », tout, mais alors tout est « chico ». Voire « chiquito ») à VTT,  soit 25 km de chouettes descentes et de moins chouettes montées.

Bon, moi, quand je pédale, je prends pas trop de photos, hein… Flo, étant donnée qu’elle « accompagne » son vélo plus qu’elle ne « fait » du vélo dans les montées, se la joue à la japonaise … Notre petit tour traverse de jolies forêts de coihues (j’arrête – de vous montrer – les photos d’arbres pasqu’on se moque de moi, alors hein bon), longe des lacs (certains pas aussi « escondido » que leur nom l’indique). Nan, vraiment, c’est dommage que j’ai pas plus de photos à vous montrer, c’était vraiment gai*. On dîne* ici, d’abord en surveillant attentivement les truites, puis … le gravier, sieste oblige ;)

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Après la sieste, s’offre à nous un choix cornélien : un retour sans côte et sans intérêt, ou une option avec côtes (et descentes :) ) et point de vue top moumoute. Nous sommes jeunes et courageuses (ou pas), et pour votre plus grand plaisir (et le nôtre), le voici, ce fameux point de vue :

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On passera sous silence le passage où je casse modifie le fonctionnement du Camel-bag de Flo.

Tiens d’ailleurs, la voilà qui échauffe son sens de l’orientation (il est grand temps…). Oui, le Nord, c’est par là.

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Y’a pas à dire, disperser des lacs entre des montagnes, c’est une idée pas stupide. Au final, une journée vraiment gaie*, même qu’on aurait pu le faire deux fois ce Circuito Chiquito les doigts dans le nez, hein Flo !?!

* Hé oui, je suis désormais parfaitement bilingue français/belge ;)

Il y a quelques – hum hum – temps, Bariloche fut le théâtre d’un événement d’envergure internationale : le Huitième Sommet International du Tango. C’est fou comme Quelques Majuscules suffisent à donner de l’importance à un événement. Soulagée de voir la ville se vider enfin de ses touristes avec la fin (ou pas d’ailleurs) des grandes vacances, je craignais qu’elle ne soit de nouveau envahie par des amateurs de tango venus des quatre coins de la planète. Mes craintes étaient relativement infondées, puisque ce festival s’est révélé ne pas vraiment nécessiter l’usage des majuscules, si vous voyez ce que je veux dire…

Ce fut tout de même un prétexte valable pour orienter préférentiellement nos dégustations hebdomadaires (ou pas) de glaces artisanales vers le Centro Civico – la place centrale – plutôt que vers la plage, qui n’est pas beaucoup plus loin, mais que nous délaissons parfois pour cause de vent/de flemme/de faim irrépréhensible (rayer la mention inutile).

Un petit aperçu de l’architecture, hum, spéciale de Bariloche (enfin, du Centro Civico tout court, en fait). Sachez que le premier habitant de Bariloche était suisse, ceci explique peut-être cela …

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Ou quand un chien errant adopte un touriste …

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Qui dit place centrale dit forcément djeuns’ cools. On notera que le port du jeans slim n’a pas encore contaminé le skatter argentin, et c’est tant mieux.

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La statue régulièrement malmenée du Général Julio Argentino Roca, qui dirigea la “Conquête du Désert” patagon vers 1870, soit dit autrement, l’extermination des populations indigènes patagonnes.

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On a donc pu admirer (ou pas) quelques chanteurs de tango et autres troupes de danse arborant des costumes plus chatoyants les uns que les autres se produire sur l’estrade installée pour l’occasion. En prime, si les cieux sont avec vous, le Kévin du coin vous fait généreusement profiter de la toute nouvelle installation sonique de son bolide et de son goût immodéré pour la cumbia …

La Pasión del Tango …

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Y’en a à qui tout cela provoque de violentes réactions capillaires …

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Tout ça nous avait particulièrement mis l’eau à la bouche, soyons franc. Il eût donc été dommage de ne pas profiter des spectacles journaliers proposés pour la modique somme de $30 ( mas o menos 6 € ) et de nous frotter un peu plus sérieusement au monument de la culture argentine qu’est le tango, à défaut de pouvoir assister à une démonstration par Ameline et Manou.

Armées de quelques empañadas et de toute notre ouverture d’esprit, nous nous installons dans la salle de cinéma à moitié vide, qui pendant deux petites semaines, fait office de salle de pestacle. Les musiciens de la chanteuse qui ouvrent le bal semblent souffrir d’un syndrome chronique de désynchronisation récurrent, et on est plutôt soulagé quand ils laissent la place à une troupe professionnelle brésilienne de danseurs.

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Le saviez-vous ? Le bandonéon se joue avec une nappe sur les genoux.

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Ce sera la bonne surprise de la soirée : un ballet inspiré du tango (Qui eût cru qu’on pouvait danser le tango sur du Brel ?), d’excellents danseurs (les danseuses aussi, hein, mais surtout les danseurs…) : en bref, très chouette (oui, je sais, la photo, elle, est particulièrement moche. Si vous voulez me sponsoriser pour l’achat de mon prochain appareil-photo, n’hésitez pas à vous manifester :) ).

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Ces brésiliens, et les musiciens italiens qui suivront, nous sauverons la soirée (et accessoirement nos tympans). Ces derniers joueront ce qui ressemble pour moi beaucoup plus de à de la musique des Balkans que du tango, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Certainement l’effet du saxo soprano remplaçant le bandonéon.

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Un couple de danseurs beaucoup plus traditionnels ne nous laissera pas un souvenir impérissable ; par contre, le dernier numéro, lui, si. Mes oreilles en pleurent encore. Tonton et Neveu, en provenance directe du Chili, nous interprète des grands classiques du tango – que bien évidemment nous n’avons jamais entendu, façon « Bal du 14 Juillet » (les plus provinciaux de mes lecteurs me comprendront …). Avec le même son agressif qui te torture le tympan. Un couple  plus tout jeune du public montera même sur scène danser, Madame en soulignant fortement son entrée par un déhanchement marqué …

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Une chanteuse à la voix mutante (voix de fillette lorsqu’elle parle, voix de Garou – j’en connais un qui saura apprécier la référence à sa juste valeur – lorsqu’elle chante) viendra même en renfort un peu plus tard. On a cru qu’on ne survivrait jamais, ces charmants chiliens s’éternisant sur scène et notre fou-rire se faisant de moins en moins discret.

Au final, une expérience culturelle des plus intéressantes…

La ville qui s´agite de nouveau le matin, les uniformes qui fleurissent à tous les coins de rue, les feuilles qui commencent à jaunir… Ho my God ! Madre Mia ! Par Thor ! L´automne pointerait déjà le bout de son nez ???

Hep hep hep, vous là-bas dans l’hémisphère nord, pas la peine de ricaner ! Parce que pour le moment, l´été fait de la résistance, et quelle résistance : une grève dans les écoles publiques a déjà rallongé de deux semaines les grandes vacances d´une partie des écoliers (et c´est pas fini…) et la météo qui est restée jusqu´à maintenant tout sauf automnale…

Il était donc grand temps de faire chauffer les mollets, maintenant que les touristes ont pour la plupart désertés… Au programme du week-end dernier : randonnée de deux jours vers le Refugio Frey, dans le Parc National Nahuel Huapi. En même temps, dans le coin, c´est un peu compliqué de ne pas être dans le Parc, mais bon. Alors, avec ma coéquipière désormais attitrée, on s´est concocté un programme léger : 800 petits mètres (en dénivelé j’entends, pas en distance, on est pas des mickeys non plus) de montée le samedi, un peu plus de descente le lendemain. Au final, on a fait un peu de rab, et on a bien dû (´tention les yeux) grimper 400 m le lendemain…Et on a bien eu chaud, aussi.

Point de départ : Villa Catedral, la plus grande station de ski d´Amérique du Sud. Un petit aperçu de l´urbanisation sauvage de la station. Promis, la prochaine fois, j´essaie de prendre des photos des pistes.

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Le sentier, judicieusement nommé « Balcon du Gutierrez », surplombe le dit Lago Gutierrez (que j’ai d’ailleurs complètement zappé de prendre en photo), et traverse une forêt qui est partie en fumée il y a quelques années. Résultat, c’est un peu sinistre et surtout, on marche en plein cagnard, merci les touristes qui laissent traîner leurs mégots !

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Je crois bien qu’on va par là-bas…

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On rejoint enfin de la forêt en vie, l’Idéfix qui sommeille en moi cesse enfin de pleurer toute les larmes de son corps devant ce désastre écologique (admirez la référence culturelle. Oui, la BD, c’est de la culture). On fait un petit détour rapide par l’Asie du Sud-Est, ça m’avait toujours fait envie.

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Puis on s’enfonce dans une chouette forêt de fond de vallée (Idéfix reprend du poil de la bête), au son des coups de bec des carpinteros sur les arbres morts.

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On attaque enfin « l’ascension finale », l’arrivée (ce gros caillou, là-bas) en point de mire.

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Mais mais mais… Mais ya quelqu’un là-haut !

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Petit jeu-concours du jour (ça faisait longtemps, hein ? Je suis sûre que ça vous avait manqué) : déterminez-moi le nombre exact de grimpeurs (visibles, sinon, c’est un peu dur pour vous) sur le caillou.

Yen a même un qu’essaie de se confondre avec la fraise des bois.

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Voilà, on va passer la nuit là.Ya pire, non ?

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En attendant, on profite de la fin d’après-midi pour faire refroidir les mollets (tout en se restaurant, vous l’aurez remarqué).

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En profitant du spectacle environnant…

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On fait un peu mumuse avec l’appareil-photo…

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On va jeter un coup d’œil sur la vallée par laquelle on est arrivé…

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En s’interrogeant sur le pourquoi du comment de la présence d’une aiguille en forme de frite ramollie sur le versant d’en face…

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On admire enfin le coucher de soleil, accompagné d’un bon petit maté bien chaud offert par mon voisin  – que par le plus grand des hasards on a retrouvé là-haut, la Patagonie c’est pas bien grand quand même – avant d’engloutir une gargantuesque platée de pâtes alors que certains (mon voisin en l’occurrence) font bronzette dehors à la lumière de la pleine Lune…

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Après une bonne nuit de sommeil, à peine troublée par le doux ronflement de la quarantaine de randonneurs passant la nuit au refuge (Boules-Quiés Powa !) ou par un matelas de traviole (Flo risquant toute la nuit et sans le savoir d’atterrir un étage plus bas…sur mon voisin !), on se met en jambe en montant à un petit col voisin.

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Puis c’est déjà l’heure de redescendre ; on filera finalement jusqu’à la Playa Muñoz au bord du Lago Gutierrez pour pique-niquer tranquillement.

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On envisagera même un instant « d’emprunter » les kayaks de nos voisins pour rejoindre l’arrêt de bus par voie lacustre, mais ils repartiront avant qu’on est eu le courage de mettre notre plan à exécution. Ca nous empêchera pas d’avoir à attendre le bus sur une plage envahie de barilochéens (on va dire ça comme ça), en essayant de maintenir à distance un vieux chien errant aux deux yeux plus ou moins crevés et avec un autre détail anatomique tout aussi peu ragoûtant mais que je ne mentionnerais pas ici parce que je ne voudrais surtout pas vous couper (plus) l’appétit.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les matins, je me lève. Tôt, même. Parce que le bus ne va pas m’attendre.

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D’ailleurs, après vérification (hum hum, deux fois cette semaine) : effectivement il ne m’attend pas…

Et nous traversons en long, en large et en travers Bariloche (l’itinéraire du bus n’étant pas exactement optimal) alors que le soleil se lève à peine.

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Pour aller… à l’INTA :

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Des gens très sensés ont eu la bonne idée d’installer l’Instituto Nacional de Tecnologias agropecuarias (vous allez vous en sortir sans traduction, non ? Disons que c’est la version argentine de l’INRA, tout simplement) à quelques kilomètres à l’écart de Bariloche, et au bord du lac, évidemment. Alors, il y a de la place.

Pour de beaux arbres.

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Le petit bâtiment blanc à gauche, c’est la “cantine” où Claudia nous prépare tous les jours des empañadas, des tartas de verdura ou des milanesas, voire des gnoccis ( parenthèse à caractère privé : les gnoccis, en vrai, c’est trop bon ). Et si tu viens avec ton déjeuner, comme elle est sympa, elle te prête des couverts.

On peut aussi croiser quelques moutons.

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Et puis des chèvres aussi.

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Et même…

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Des nandous !

Enfin, n’oublions pas la pièce maîtresse de l’infaillible système de sécurité de l’Institut : son chien de garde.

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Il y a aussi des labos, évidemment.

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D’ailleurs, le mien, il est plutôt bien orienté.

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C’est là que j’enfile ma blouse tachée et mes gants en latex pour faire rater des extractions d’ADN, des électrophorèses et autres PCR. Ou, plus souvent, pour lire des publications scientifiques, rédiger une superbe monographie sur les forêts natives de Patagonie, et bien sûr préparer le maté.

Parfois, on va faire un tour à la pépinière pour torturer des plantules de ciprès de la cordillère (il faut bien extraire l’ADN de quelque chose…), le défi consistant à prélever une demi-douzaine de feuilles sur une plantule en comptant une douzaine sans en compromettre la survie …

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Mais attention, bientôt (oui, bon, je sais, ça fait déjà un bon mois et demi que je suis là, mais que voulez-vous, c’était les vacances d’été ici !) les choses sérieuses vont commencer : nous allons installer 5 parcelles expérimentales en forêt, à San Martin de los Andes, à 3 heures de route de Bariloche. L’objectif étant – attention accrochez-vous – d’étudier l’adaptation des arbres forestier aux variations climatiques le long de gradients altitudinaux par analyse rétrospective des cernes accumulées dans le tronc. Les chercheurs ne seront jamais des poètes…

Dans les prochaines semaines, vous risquez donc d’entendre parler d’arbres, de bombe de peinture, de points GPS, de carottes, de bambous, de machette, de guêpes…Si ça c’est pas du teasing !

Ah oui, j’ai oublié de vous préciser : je ne reste plus que deux petits mois et demi ici. Je suis en fait en mission secrète pour l’INRA d’Orléans, et l’été prochain, je travaillerai sur un dispositif similaire, mais situé dans les Alpes. C’est aussi pour ça que j’ai passé une semaine à faire des raquettes dans les Alpes avant de m’envoler pour l’Argentine…


Parce que finalement, on est quand même des touristes, et qu’on assume, nous sommes allées faire une « cabalgata », excursion des plus touristiques donc, consistant à passer une journée à cheval dans la steppe à cramer sous un soleil de plomb. Mais pas que. On a aussi pu :

- Apprendre le suédois. Ou pas.

- Ingérer une quantité astronomique de poussière.

- Nous prendre pour des gauchas. Ou des cow-girls du Far-West. Ou pas.

- Regretter l’absence de bande-son du type musique de western ou blues américain pour s’assortir aux paysages.

- Découvrir que la photographie à cheval est un exercice de style demandant un certain entraînement.

- Expliquer ce qu’est la vache folle à notre guide. Qui eût cru que les souvenirs épars qui subsistaient des cours de 1A me serviraient un jour ?

- Acquérir le bronzage typique de la Patagonie : très efficace, peu coûteux, mais résultat non uniforme disparaissant à la première douche. Ou presque.

- Ne pas voir de cerfs.

- Parfaitement maîtriser notre monture. Ou pas.

- Acquérir de très seyants bleus sur l’intérieur des mollets. Plus quelques courbatures aux adducteurs.

- Mourir d’envie de recommencer le week-end prochain.

Notez que Flo – l’autre composante du « nous », blonde et belge, ce qui ne l’empêche pas d’apprendre l’espagnol pendant deux mois à Bariloche, avant d’attaquer son petit tour d’Amérique du Sud – est très confiante alors que le départ est imminent.

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Les oreilles de Marcel, mon canasson du matin, énergique comme un plat de nouilles, et beaucoup trop préoccupé par ses soucis gastriques pour envisager de passer au trot.

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La cavalerie arrive à la rescousse…

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C’est bô, non ?

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Un demi-Tronador, le point culminant de la région.

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Art photographique expérimental. Ou pas.

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Une petite dernière pour la route :

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Comme tu l’auras compris Lecteur, la matinée fut tranquille, très tranquille. Du coup, j’ai pu papoter avec Jésus – le guide, hein, on est bien d’accord. Et ainsi apprendre que si le terme « gaucha » existe bien, il n’a jamais été utilisé, évidemment. Et que de toute façon, les véritables gauchos, ceux qui n’ont pas de portable ou de pick-up 4*4, ça n’existe plus. Et ouais, je suis désormais capable de tenir une conversation en espagnol et à cheval tout en ingérant de la poussière. Bon, aurait fallu en plus servir un maté, je ne répondais plus de rien…

Du coup, comme je suis entrée dans les bonnes grâces de Jésus, après l’excellent asado du déjeuner, j’ai eu droit à une nouvelle monture, sans problème gastrique et beaucoup plus dynamique. D’où pas de photos l’après-midi, j’aurais surtout pas voulu vous priver d’images jusqu’à la fin de mon séjour argentin…En tout cas, je peux ajouter un nouvel élément à ma longue liste de compétences acquises en césure stage long : désormais je maîtrise presque le galop !