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Avertissement : les événements décrits dans cet article ne sont en aucun cas fictionnels. Aucune touriste n’a cependant été réellement mise en danger pendant la réalisation de cette journée d’exception.

Du coup, le lendemain, convaincue de m’être faite plumée comme n’importe quel vulgaire touriste par l’excursion à la Péninsule Valdés, je décide de bouger par mes propres moyens et en toute gratuité, i.e. en mettant à profit que Mère Nature (la même qui fait malencontreusement atterrir quelques otaries entre les grandes dents des grands méchants orques sauf que y’a que les yankees de la télévision qui ont droit de profiter du spectacle) m’ait doté de deux jambes fonctionnelles.

J’attaque par la – moche, cela va sans dire – plage de Puerto Madryn, plusieurs kilomètres de long qui ont tout de même le bon goût de former une baie, direction le sud en longeant la côte, objectif le premier coin sympa rencontré, pour pique-niquer et bouquiner tranquillement, voir piquer une tête, puisqu’il fait beau.

Au bout de cette plage, les restes des premiers abris dans lesquels se sont réfugiés les premiers colons qui ont débarqué ici. Y’a pas à dire, ils sont fous ces gallois.

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Motivée, j’envisage même de parcourir les 8 kilomètres qui me séparent encore de la prochaine colonie d’otaries. J’enchaîne donc sur une seconde plage, qui se révèle encore plus déserte et moche que la première. Elle présente en plus le mauvais goût de border un terrain militaire et s’agrémente logiquement de superbes structures en béton armé.

La première chose que je rencontre, ce sont des pommes alignées sur la grève (évidemment, c’est une plage de cailloux). Véridique. Rappelez-vous, si un jour vous croisez de vieilles pommes alignées sur une plage, c’est un mauvais présage.

Un peu plus loin, je débusque (c’est le mot) un couple qui visiblement comptait sur la fréquentation quasi nulle de cette plage pour contribuer activement à la surpopulation de la planète. Je commence à avoir faim, mais je voudrais surtout pas les troubler, je file donc et finis par croiser un couple de petits vieux des plus normaux. Il est important de noter qu’ils sont normaux, ça ne va pas se répéter beaucoup par la suite.

La plage est toujours sans charme, mais un peu plus loin, un coin plus sableux me semble un lieu idéal pour épancher ma faim grandissante. A l’instant exact où je m’apprête à poser mon sac, un monsieur sort d’un fourré le cucul à l’air . Tout compte fait, je n’ai pas si faim. Je rebrousse chemin, soudainement convaincue que la plage de Puerto Madryn est quand même vachement plus sympathique pour pique-niquer. Evidemment, avant de quitter définitivement cette plage pas du tout « buena onda » comme on dit par ici, j’aurais l’immense privilège de visualiser ce qui manquait justement au tableau de cette parfaite journée : l’exhibitionniste du coin qui fait prendre l’air à sa bistouquette du haut d’une dune…

Affamée, j’engloutis finalement mon sandwish avec vue sur Puerto Madryn, de nouveau. Bien entendu, c’est marée basse, je peux toujours me brosser pour la baignade.

Légèrement blasée, je rentre tranquillement en laissant mes doigts de pieds profiter de la vase du Golfo Nuevo, lorsque je finis par lever le nez, et découvre soudainement ma destination sous un jour nouveau.

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Non, ce n’est pas du brouillard. Non, ce ne sont pas quelques nuées inoffensives. Ce n’est pas non plus un incendie.

C’est une tempête de sable.

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En quelques minutes, je me retrouve à transpirer dans des rafales de vent chaud, la peau littéralement poncée par les particules de sable en suspension. Je suis encore à un bon gros kilomètre de mon auberge, cela va sans dire.

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Comme j’aime le sable, mais surtout lorsque il reste sur la plage, je décide finalement d’écourter mon séjour afin de conserver un peu de peau. Demain soir, je rentre dans mes pénates.