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Déjà, normalement, ça aurait dû être une tétralogie. Et rien que ça, c’est une preuve de la malédiction qui s’est abattue sur moi en cette fin de semaine aujourd’hui un peu lointaine…

Comme il se doit, tout commence plutôt bien : les 13 heures de bus qui m’attendent s’annoncent très tranquilles dans un bus quasiment vide. Si seulement les sièges en classe éco pour les vols transatlantiques pouvaient être aussi confortables… L’apparition de jelly  – à la saveur qu’on qualifiera d’indéfinissable pour ne pas se fâcher avec nos amis grand-bretons – dans mon dîner aurait pourtant dû éveiller mes soupçons quant à la suite de ce périple vers l’océan Atlantique.

Fourbement, pour tromper l’ennemie, Puerto Madryn se présente tranquille au tout petit matin, sous un soleil resplendissant. Bien qu’un peu dans le pâté, je m’incruste directement dans une excursion vers la Péninsule Valdés, l’alibi de ce week-end d’escapade. Certains se rappelleront que Vincedeg’ y a passé quelques jours cet été (austral), et donc que cette zone protégée est « une occasion unique au monde d’aller à la découverte de la faune marine peuplant les charmantes côtes de l’Atlantique Sud ». Ca donne envie comme ça, non ? Et encore, vous ne l’avez pas entendu 15 000 fois au boulot, vous …

Entre nous, ce qui me motive plus que tout pour cette destination, c’est d’espérer voir les orques venir cueillir les bébés phoques sur la plage, hin hin hin… En Islande, j’avais loupé l’attaque d’un baleineau par une meute de ces  gentils cétacés – oui, de chanceux touristes avaient pu admirer ce charmant spectacle donné par Mère Nature dans la baie de Reykjavik, certains ne s’en sont toujours pas remis, je pense – comprenez ma frustration !

Première aperçu de la Péninsule.

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Pour la beauté époustouflante du site, on repassera. Je commence à douter de la pertinence d’enchaîner une journée de mini-bus à une nuit de bus, et de la sanité (quoi, on dit bien insanité, non ?) d’esprit de notre Agro à pédales, qui a quand même passé 3 jours ici avec quelques collègues aussi timbrés que lui…

Petite instant culture : si je vous montre cette photo et vous confie que notre Saint Exupéry national a séjourné tout près d’ici lorsque qu’il mettait en place l’Aéropostale en Patagonie, qu’est-ce que vous me dites???

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Allez, un petit effort…

Direction Punta Norte, pour arriver avant que la marée ne commence à baisser, histoire d’optimiser nos chances de voir les orques. Forcément, le garde-manger – i.e. quelques colonie d’otaries – est aussi au rendez-vous.

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Instant de méditation otaresque…

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I’m a poor lonesome cowboy…

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Certains bébés otaries sont un peu moins vivants que d’autres…

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Petit instant « Attendrissons-nous sur la beauté de Mère Nature » (non non, je n’essaie pas du tout de me réconcilier avec Greepeace ;) )

Franchement, secrètement, vous espériez que ça se termine autrement, non ? Ben moi aussi ;)

[Aparté privée : Cette vidéo est pour toi Frangin, faute de mieux ;) Feliz cumpleaños !]

Très vite, ce qu’on attend tous (et on est nombreux) avec impatience se profile à l’horizon : un puis deux ailerons. Le seul hic : ils sont loin. Super loin.

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On passera une bonne heure à plisser les yeux sans parvenir à déterminer si on a (encore) loupé une attaque du mâle ou pas. Au final, il paraît qu’il a attaqué trois fois, dont une fois avec succès : on va dire qu’on va croire ceux qui avaient des plus gros zooms que moi.

Pour vous et en exclusivité mondiale, des photos du (supposé) carnage.

Avant ?

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Avant ? Après ?

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Après ?

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Je vous entends déjà d’ici :

- Attends, attends, le « week-end de la poisse » tu dis ? Mais tu les as vu tes orques ! Ok, mal, de loin, tout ça, mais tu les as vu !

Ouais, d’accord, enfin ce qu’on a eu aucun mal à voir, c’est l’équipe de Discovery Channel en train de tourner sur la plage, là-bas, à quelques mètres des attaques. Parce que eux, évidemment, ils avaient le droit de sortir des quelques sentiers autorisés …

Pour distraire malgré tout ceux qui sont aussi déçus que moi, un espèce de tatou fait son petit numéro sur le parking.

Un petit tour…

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Et puis s’en va.

Ma déception est loin de se dissiper alors qu’on traverse dans un nuage de poussières cette espèce de lande aride et monotone, même si l’on croise de temps à autres quelques guanacos et autres choiques (les mini-nandous).

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Arrêt suivant : l’unique colonie d’éléphants de mer qui n’est pas sur les côtes d’une île inaccessible ou de l’Antarctique. Evidemment, il n’en reste plus que trois ou quatre qui se battent en duel. Et ils ont beau être gros, on ne les voit pas beaucoup mieux que nos amis les orques.

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Ces gros tas laissent quand même de sacrées traces sur la plage…

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On passera sur les quelques manchots de Magellan en pleine mue et donc à peu près aussi énergique que des plats de nouilles.

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Pour clôturer cette fantastique journée, le ciel se couvre alors qu’on arrive dans le seul bled de la Péninsule. Connaissez-vous quelque chose de plus déprimant qu’un village touristique hors saison, sous un ciel gris et bas, alors qu’une pauvre mouette vous harcèle pour vous chiper les restes de votre maigre déjeuner ? Bon, d’accord, ce dernier point est légèrement fictionnel ;)

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Franchement, si c’était pas dépitant, ça…