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Il y a quelques – hum hum – temps, Bariloche fut le théâtre d’un événement d’envergure internationale : le Huitième Sommet International du Tango. C’est fou comme Quelques Majuscules suffisent à donner de l’importance à un événement. Soulagée de voir la ville se vider enfin de ses touristes avec la fin (ou pas d’ailleurs) des grandes vacances, je craignais qu’elle ne soit de nouveau envahie par des amateurs de tango venus des quatre coins de la planète. Mes craintes étaient relativement infondées, puisque ce festival s’est révélé ne pas vraiment nécessiter l’usage des majuscules, si vous voyez ce que je veux dire…

Ce fut tout de même un prétexte valable pour orienter préférentiellement nos dégustations hebdomadaires (ou pas) de glaces artisanales vers le Centro Civico – la place centrale – plutôt que vers la plage, qui n’est pas beaucoup plus loin, mais que nous délaissons parfois pour cause de vent/de flemme/de faim irrépréhensible (rayer la mention inutile).

Un petit aperçu de l’architecture, hum, spéciale de Bariloche (enfin, du Centro Civico tout court, en fait). Sachez que le premier habitant de Bariloche était suisse, ceci explique peut-être cela …

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Ou quand un chien errant adopte un touriste …

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Qui dit place centrale dit forcément djeuns’ cools. On notera que le port du jeans slim n’a pas encore contaminé le skatter argentin, et c’est tant mieux.

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La statue régulièrement malmenée du Général Julio Argentino Roca, qui dirigea la “Conquête du Désert” patagon vers 1870, soit dit autrement, l’extermination des populations indigènes patagonnes.

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On a donc pu admirer (ou pas) quelques chanteurs de tango et autres troupes de danse arborant des costumes plus chatoyants les uns que les autres se produire sur l’estrade installée pour l’occasion. En prime, si les cieux sont avec vous, le Kévin du coin vous fait généreusement profiter de la toute nouvelle installation sonique de son bolide et de son goût immodéré pour la cumbia …

La Pasión del Tango …

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Y’en a à qui tout cela provoque de violentes réactions capillaires …

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Tout ça nous avait particulièrement mis l’eau à la bouche, soyons franc. Il eût donc été dommage de ne pas profiter des spectacles journaliers proposés pour la modique somme de $30 ( mas o menos 6 € ) et de nous frotter un peu plus sérieusement au monument de la culture argentine qu’est le tango, à défaut de pouvoir assister à une démonstration par Ameline et Manou.

Armées de quelques empañadas et de toute notre ouverture d’esprit, nous nous installons dans la salle de cinéma à moitié vide, qui pendant deux petites semaines, fait office de salle de pestacle. Les musiciens de la chanteuse qui ouvrent le bal semblent souffrir d’un syndrome chronique de désynchronisation récurrent, et on est plutôt soulagé quand ils laissent la place à une troupe professionnelle brésilienne de danseurs.

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Le saviez-vous ? Le bandonéon se joue avec une nappe sur les genoux.

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Ce sera la bonne surprise de la soirée : un ballet inspiré du tango (Qui eût cru qu’on pouvait danser le tango sur du Brel ?), d’excellents danseurs (les danseuses aussi, hein, mais surtout les danseurs…) : en bref, très chouette (oui, je sais, la photo, elle, est particulièrement moche. Si vous voulez me sponsoriser pour l’achat de mon prochain appareil-photo, n’hésitez pas à vous manifester :) ).

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Ces brésiliens, et les musiciens italiens qui suivront, nous sauverons la soirée (et accessoirement nos tympans). Ces derniers joueront ce qui ressemble pour moi beaucoup plus de à de la musique des Balkans que du tango, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Certainement l’effet du saxo soprano remplaçant le bandonéon.

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Un couple de danseurs beaucoup plus traditionnels ne nous laissera pas un souvenir impérissable ; par contre, le dernier numéro, lui, si. Mes oreilles en pleurent encore. Tonton et Neveu, en provenance directe du Chili, nous interprète des grands classiques du tango – que bien évidemment nous n’avons jamais entendu, façon « Bal du 14 Juillet » (les plus provinciaux de mes lecteurs me comprendront …). Avec le même son agressif qui te torture le tympan. Un couple  plus tout jeune du public montera même sur scène danser, Madame en soulignant fortement son entrée par un déhanchement marqué …

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Une chanteuse à la voix mutante (voix de fillette lorsqu’elle parle, voix de Garou – j’en connais un qui saura apprécier la référence à sa juste valeur – lorsqu’elle chante) viendra même en renfort un peu plus tard. On a cru qu’on ne survivrait jamais, ces charmants chiliens s’éternisant sur scène et notre fou-rire se faisant de moins en moins discret.

Au final, une expérience culturelle des plus intéressantes…