Aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les matins, je me lève. Tôt, même. Parce que le bus ne va pas m’attendre.
D’ailleurs, après vérification (hum hum, deux fois cette semaine) : effectivement il ne m’attend pas…
Et nous traversons en long, en large et en travers Bariloche (l’itinéraire du bus n’étant pas exactement optimal) alors que le soleil se lève à peine.
Pour aller… à l’INTA :
Des gens très sensés ont eu la bonne idée d’installer l’Instituto Nacional de Tecnologias agropecuarias (vous allez vous en sortir sans traduction, non ? Disons que c’est la version argentine de l’INRA, tout simplement) à quelques kilomètres à l’écart de Bariloche, et au bord du lac, évidemment. Alors, il y a de la place.
Pour de beaux arbres.
Le petit bâtiment blanc à gauche, c’est la “cantine” où Claudia nous prépare tous les jours des empañadas, des tartas de verdura ou des milanesas, voire des gnoccis ( parenthèse à caractère privé : les gnoccis, en vrai, c’est trop bon ). Et si tu viens avec ton déjeuner, comme elle est sympa, elle te prête des couverts.
On peut aussi croiser quelques moutons.
Et puis des chèvres aussi.
Et même…
Des nandous !
Enfin, n’oublions pas la pièce maîtresse de l’infaillible système de sécurité de l’Institut : son chien de garde.
Il y a aussi des labos, évidemment.
D’ailleurs, le mien, il est plutôt bien orienté.
C’est là que j’enfile ma blouse tachée et mes gants en latex pour faire rater des extractions d’ADN, des électrophorèses et autres PCR. Ou, plus souvent, pour lire des publications scientifiques, rédiger une superbe monographie sur les forêts natives de Patagonie, et bien sûr préparer le maté.
Parfois, on va faire un tour à la pépinière pour torturer des plantules de ciprès de la cordillère (il faut bien extraire l’ADN de quelque chose…), le défi consistant à prélever une demi-douzaine de feuilles sur une plantule en comptant une douzaine sans en compromettre la survie …
Mais attention, bientôt (oui, bon, je sais, ça fait déjà un bon mois et demi que je suis là, mais que voulez-vous, c’était les vacances d’été ici !) les choses sérieuses vont commencer : nous allons installer 5 parcelles expérimentales en forêt, à San Martin de los Andes, à 3 heures de route de Bariloche. L’objectif étant – attention accrochez-vous – d’étudier l’adaptation des arbres forestier aux variations climatiques le long de gradients altitudinaux par analyse rétrospective des cernes accumulées dans le tronc. Les chercheurs ne seront jamais des poètes…
Dans les prochaines semaines, vous risquez donc d’entendre parler d’arbres, de bombe de peinture, de points GPS, de carottes, de bambous, de machette, de guêpes…Si ça c’est pas du teasing !
Ah oui, j’ai oublié de vous préciser : je ne reste plus que deux petits mois et demi ici. Je suis en fait en mission secrète pour l’INRA d’Orléans, et l’été prochain, je travaillerai sur un dispositif similaire, mais situé dans les Alpes. C’est aussi pour ça que j’ai passé une semaine à faire des raquettes dans les Alpes avant de m’envoler pour l’Argentine…














2 comments
Comments feed for this article
15 mars 2009 à 8:44
Pierret'
Les gnoccis c’est bon!?!?!?!?
J’y crois pas, moi.
16 mars 2009 à 12:51
dadalapoursuitedesrequins
Ahh, les gnocchis… tu vois, le dagno t’avait dit !! En tous cas, si tu savais comme je t’envie avec tes micro expériences de biomol… un vrai délice ;o) courage Burger..