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Quand y’en a plus, y’en a encore (un petit peu) !
Pour finir en beauté ces superbes vacances – et cette non moins superbe séries d’articles - la plus belle journée de l’été me permet de faire découvrir à mes visiteurs Heimaey en long, en large et en travers.
Ca commence par une rencontre des plus incongrues sur les hauteurs qui surplombent le golf et le camping : un ancien prépa bio de Clem’ ! Certaines oreilles ont dû siffler du côté de Nantes ;)
Puis on longe la côté ouest de l’île, à l’affût des farouches (ou pas) macareux…
On tombera un peu plus loin sur trois oies « sauvages », qui nous font une reprise des plus synchronisées du Lac des Cygnes…
Je vois poindre une larmichette au coin de ton œil, cher Lecteur. Tu réalises soudain que la chorégraphie des volatiles sus-cités trahit le simple fait que je n’ai plus rien à raconter…Mais réjouis-toi (ou pas) : la fin de ce récit – au timing parfaitement contrôlé n’est-ce pas – n’est ni plus ni moins que le présage de mon retour au bercail dans un futur extrêmement proche !
PS : Parce qu’il fallait le faire au moins une fois…
Mes doigts de pied sur le sable chaud…
Mes doigts de pied dans l’Atlantique Nord !
Pour le bain de minuit, on attendra le réchauffement climatique, hein …
PPS : Sur la même plage, ce matin on a trouvé ça :
Parce que oui, je suis une fan inconditionnelle de France Gall, je me suis arrangée pour pouvoir utiliser une fois de plus cette merveilleuse référence. Accessoirement, on est aussi resté une nuit de plus à Hella pour aller jeter un coup d’œil à l’un des plus spectaculaires sites islandais : le Landmannalaugar, littéralement « Bains Chauds des Paysans ». Comme on est devenu de grands amateurs des transports en commun tout terrain – et que surtout on n’a pas trop le choix – c’est parti pour une nouvelle excursion en bus 4*4. Comme d’habitude, dès qu’on attaque la piste, le paysage devient très caillouteux.
On s’attend à ce que ça dure jusqu’aux camaïeux ryolithiques jaune-orangés du Landmannalaugar proprement dit. Sauf que non. A priori, le coin n’est pas si aride. On s’en doutait un tout petit peu d’ailleurs vu la météo de plus en plus engageante au fil des kilomètres. Et l’eau et les cailloux, la mousse, elle aime.
Les photos sont malheureusement pourrites, puisqu’il pleut et qu’elles sont prises du bus. On aurait volontiers pris en otage le conducteur pour qu’il s’arrête, mais on est des gens (presque) civilisés.
Enfin, le bon côté du bus, c’est que ça donne l’opportunité de rencontrer de sacrés numéros. D’abord un norvégien parlant français avec l’accent suisse, qui se rend dans le Landmannalaugar pour participer à l’abattage de fin d’été des moutons. Il passera la plus grand partie du trajet à adresser ses velléités à quelqu’un que lui seul doit voir…Puis un Belge qui se fait un petit road-trip à bicyclette de 7 semaines, tout seul. Et qui va partout où ça lui chante, même où les 4*4 ne vont qu’en convois…Le tout avec une trentaine de kilos sur le vélo, dont jusqu’à un tiers de flotte… (petite pensée pour VinceDeg, notre Agro-cycliste à nous, en passant ;) Et pis quand il en a marre du vélo, il se fait une petite rando de quelques jours : normal, quoi.
Une fois de plus, après une bonne soixantaine de kilomètres au milieu d’étendues désertes et moussues, on tombe sur un refuge, un camping, une floppée de 4*4, et les touristes qui vont avec. On a trois toutes petites heures avant le départ du bus retour pour explorer les environs. Le pique-nique est rapidement expédié : la lutte est féroce entre randonneurs pour accéder à un peu d’espace à l’abri pour manger. On s’éloigne rapidement, sous une pluie glaciale juste comme il faut pour nous rappeler qu’on est en Islande, quand même. On grimpe sur un champs d’obsidienne (parce qu’un peu de géologie, ça fait pas de mal, et surtout, ça fait plaisir à PiM).
Et au bout, à travers le brouillard : tadam ! (Mon super programme de-la-morte-qui-tue-pour-les-panoramas étant présentement en grève, vous vous contenterez d’une découverte séquentielle du paysage, hein…)
Nos trois heures fondent comme neige au soleil, on n’a pas le temps d’aller très loin : enthousiasmés par ce nous n’avons qu’entraperçus entre les nuées et donc frustrés, nous redescendons vers le camping. Même pas le temps de faire trempette dans les fameux (et surpeuplés) Bains.
J’apprendrais d’ailleurs un peu plus tard qu’ils sont infestés d’un espèce de parasite (un nématode je crois, pour ceux à qui ça rappelle de bons souvenirs ^^) qui attaque le système nerveux des oiseaux et dont on ignore les effets sur l’homme. Miam.
Voilà, on a quand même réussi à avoir la pire météo de ce road trip pour notre dernier jour ET probablement pour le coin le plus chouette…
Avis aux amateurs : il y a des treks très très très sympathiques à faire dans les environs…Si ça vous tente un jour, tenez-moi au courant ;)
Hella va donc être notre QG pour les deux prochains jours. L’unique attraction de ce bled sans charme semble être les saumons que l’on peut voir sauter dans la rivière qui longe le camping. Et aussi une étrange maison sous bulle de verre. Mais Hella présente l’avantage non négligeable d’être la ville la plus proche d’Hekla, un imposant volcan que l’Eglise considérait au Moyen-Age comme l’entrée de l’Enfer, hin hin hin…C’est parti donc pour notre objectif géologique de la journée. Sauf qu’en fait, on ne l’approchera pas plus que ça :
Tremblez, amoureux de la géologie, et admirez ce superbe et imprévisible stratovolcan fissural culminant à 1491 m, responsable de certaines des éruptions les plus destructrices en Islande.
Nous tombons en effet sur un obstacle insurmontable pour notre chère Toyota : une route, enfin une piste F, F comme Full of moult caillasses, donc F comme Forbidden to us. Snif. Nous abandonnons assez vite l’option marche d’approche après avoir noté la quantité astronomique de poussière soulevée par chacun des (nombreux) véhicules empruntant la piste. C’est donc avec un certain agacement que nous entamons un détour d’une centaine de kilomètres pour nous retrouver à l’autre bout du tronçon de 20 km de piste qui nous est interdit. Finalement, c’est pas plus mal, puisqu’on profitera ainsi de sympathiques étendues verdoyantes :
Puis d’étendues un peu moins verdoyantes :
Nous voilà de nouveau aux portes du « désert central » : circulez, ya rien à voir.
L’arrêt suivant est culturel : après la ferme islandaise typique du XVIII, nous découvrons Stöng, reconstitution d’une ferme viking. Reconstitution parce qu’elle fut ensevelie en 1104 sous les cendres de l’Hekla, à quelques kilomètres de là. Nous sommes accueilli par un viking plus vrai que nature et on a même le droit de découper un morceau d’agneau séché sur un jambon pendu dans l’âtre.
Et puis parce qu’on avait pas fait assez de piste pour la journée, on décide d’aller sur le site de la vraie Stöng, où elle a été découverte en 1939. Quelque part au milieu de ça :
Pour bien commencer cette journée, nous nous lançons dans ce qui est désormais un rituel de ce road trip : chercher un lieu sans le trouver. Cette fois, ce sont deux cascades : Hraunfoss et Barnafoss. Mission accomplie : on les a bien cherché. On les cherche toujours d’ailleurs.
Il en faut beaucoup plus pour nous abattre ; nous nous remettons en route avec un nouvel objectif, bien plus ambitieux : la plus haute cascade d’Islande, Gylmur, 200 m de haut. Petite marche d’approche divertissante : franchissement d’un torrent sur un rondin, grimpette bien raide sur les flancs d’un étroit canyon…Puis on la voit enfin, la belle, la haute, la majestueuse Gylmur.
Quoi, Lecteur ? Tu ne la trouves pas vraiment impressionnante ? Ok, ce n’est qu’un petit filet d’eau, mais elle est quand même bien encaissée de cette gorge.
J’insiste. Il est quand même bien profond ce canyon. T’approches pas trop du bord quand même.
Je t’entends ronchonner de déception Lecteur. Allez, retourne-toi et admire la vue.
Hé bah voilà, tu vois que ça valait le déplacement ;)
Et c’est reparti cap au Sud. Alors que derrière ça ronfle allègrement, pilote et copilote admirent les environs de Þingvallavatn, légèrement parsemés de charmantes résidences secondaires. Et oui, on dirait pas, mais on est à moins de 100 km de la capitale…
On s’installe à Hella, notre dernier camping avant le retour sur les Iles Vestmann. Et oui, ça commence à sentir le sapin pour ce fantastique feuilleton estival… Mais ravale tes larmes de crocodile Lecteur, il nous reste encore deux jours d’aventure sur le Mainland…
Le Snæfellsjökull continue à nous bouder.
Bon, c’est dommage, mais il fait malgré tout beau sur la côte, nous continuons donc notre petit tour de la péninsule et de ses curiosités…
Une étrange cave abritant une source (d’eau douce ?) à quelques dizaines de mètres de la mer, quelques macareux qui s’acharnent à nicher dans les creux des falaises de lave, un Cétacé qui n’a pas vu l’Atlantique depuis un certain temps…
Une antenne métallique géante aussi, soi-disant l’une des plus hautes du monde. Avec sa petite histoire, qui pour une fois ne remonte pas au temps des Vikings. Cette superbe antenne est peinte de magnifiques bandes rouges et blanches. Mais, à l’instar de son illustre aînée parisienne, elle doit être repeinte parfois. Pour ce faire, on fit appel il y a quelques années à des laveurs de vitres indiens. Indiens des Zétazounis, parce qu’ils sont censés être peu sensibles au vertige. Sauf que, arrivés au milieu de leur ouvrage, ils se sont rendus compte que l’antenne, elle bougait quand même vachement beaucoup, à cause du vent. Alors, ils ont fait leurs mickeys, et ont refusé d’aller plus haut. Mais ça fait vraiment pas sérieux, une antenne à moitié repeinte. Sauf que personne ne voulait finir le travail. Finalement, une petite maligne habitant le bled où se trouve l’antenne, une jeune fille de 18 ans, accepta l’ingrate – et dangereuse – tâche…gagnant ainsi assez d’argent pour ne plus avoir à travailler jusqu’à la fin de ses jours !
Reprenons notre petit inventaire des réjouissances du jour :
Des phares pas vraiment discrets…
Une plage de sable BLANC ! Enfin presque…
D’immenses grèves de galets noirs qui cliquettent doucement sous chaque vague, un phare qui se prend pas pour une mandarine transgénique, pour une fois…
Un minuscule port, Hellnar : un café, une vieille jetée en béton, une dizaine de jeunes mouettes tridactyles agonisant sur les rochers…
Le quartier général de la secte locale ?
Ah oui, j’ai oublié de mentionner l’information la plus importante à propos du Snæfellsjökull : d’après de savants calculs astrologiques bouddhiques, le site du glacier correspond à un point vital de spiritualité de l’univers. Voui voui voui. Vous savez ce qui vous reste à faire…
Un autre petit port, Arnarstapi, avec cette fois quelques bateaux et un cormoran…
Et hop, c’est fini, on quitte la péninsule, direction les terres des Sagas… Je vous passe les péripéties pour trouver un camping, sachez juste qu’on atterri au final à Húsafell, dans un camping au milieu de la « forêt », c’est-à-dire au milieu de buissons de saules d’un mètre de haut … Et comme de par hasard, on retombe sur le couple d’Allemands qui nous ont piqué notre table de pique-nique la veille à Ólafsvík !












































