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Initialement, deux objectifs pour cette journée : voir des phoques et attaquer les fjörds de l’Ouest. Voilà pourquoi nous nous retrouvons au petit matin à observer de grosses bananes somnoler au loin, sur la grève.
Notre ami (ou pas) le guide du Routard manque légèrement de mise à jour : le soi-disant point d’observation trop d’la boulette pour approcher les phoques est désormais zone protégée, donc inaccessible. Je lutte donc avec tous les arguments biologiques à ma disposition et les lambeaux de conscience écologique qui subsistent en moi pour dissuader les apprentis délinquants qui m’accompagnent de passer outre l’interdiction.
En continuant notre petit tour de la péninsule de Vatnsnes, nous tombons sur une petite maison isolée, devant laquelle se balancent dans le vent quelques tricots. Il s’avère que la-dite maison est habitée par une mamie qui passe tout son temps libre à tricoter. Et visiblement, du temps, elle n’en manque : la maison est littéralement remplie de pulls et autres chaussettes, écharpes et gants, tricotés dans la plus pure tradition islandaise. Difficile de repartir les mains vides…
Nous approchons d’Hvtíserkur, un troll à trois jambes dont l’unique ambition dans la vie était de bombarder de rochers un monastère du coin, et qui s’est maladroitement fait pétrifier par le lever du soleil en cours de route, au fond de cette chouette baie.
Personnellement, je trouve que ce caillou ressemble à un dromadaire un peu grassouillet, mais certains ne manqueront certainement pas d’y reconnaître une poule, n’est-ce pas … Bref, qu’il s’agisse d’un camélidé, d’un gallinacé, ou d’un trollacé, nous sommes éternellement reconnaissants envers ce caillou, sans lequel nous ne nous serions pas arrêtés ici, et sans lequel nous n’aurions pas pu observer à loisir la colonies de gras tas peinardement étalés de l’autre côté de l’embouchure de la petite rivière.
Le phoque apprécie l’occasionnel divertissement d’observer le touriste dans son milieu naturel.
Initialement, le plan était donc de filer vers les fjörds de l’Ouest. Mais qui dit fjörds dit pistes sur une centaine de kilomètres pour se retrouver à moins de dix bornes de notre point de départ : le concept du fjörd quoi. A mon grand désespoir, on n’a plus assez de temps pour ça si on veut aussi faire le reste de ce qu’on a prévu. On file donc à regret vers Snæfellsnes. Une excuse de plus – s’il en fallait encore – pour revenir ;)
Snæfellsness, c’est une étroite péninsule d’une cinquantaine de kilomètres se terminant par un volcan recouvert d’un glacier, le Snæfellsjökull bien sûr (la nomenclature islandaise est d’une logique impacable). « Voyage au centre de la terre », ça vous rappelle quelque chose ? Et bien c’est ici que l’ami Jules situe le départ de son périple. Nous, en attendant, voilà tout ce qu’on apercevra de ce fameux monticule.
Mais les nuages qui s’y accrochent ne nous empêcheront pas de profiter de la côte jusqu’à Ólafsvík.
Laugar est à peine un village, tout au plus un gros hameau. Mais il y a une école ici. Ou plutôt LE complexe scolaire du coin. Voilà sans doute pourquoi, au milieu de nulle part, où l’hiver les températures passent rarement dans le positif et où la couverture neigeuse est rarement inexistante, on tombe sur ça :
Ca a beau nous surprendre légèrement, ça ne nous empêchera pas de filer vers Akureyri, la seconde ville du pays.
Petit arrêt à Goðafoss en passant, quand même.
Puis nous traçons la route vers le Nord-Ouest, jusqu’à Glaumbær, lieu occupé quasiment depuis le tout début de la colonisation de l’Islande. On y trouve tout naturellement l’une des fermes les mieux conservées d’Islande, sa forme actuelle datant du XVIIIe.
La visite donne un assez bon aperçu de ce que devait être la rude existence que menaient les islandais jusqu’à la seconde guerre mondiale, quand la révolution industrielle, l’électricité, les voitures, l’électroménager – la modernisation quoi – les a (enfin) atteint. Gardez à l’esprit qu’en quelques décennies, l’Islande est passé d’une campagne post-moyenâgeuse au troisième millénaire. Ca c’est du saut dans le temps qu’il est efficace.
Nous repartons vers la péninsule de Vatnsnes, où nous campons, à Hvammstangi donc, village dont nous retiendrons essentiellement la très agréable piscine en plein air et ses hot-pot bien accueillants. L’omniprésence du risque géologique a quand même d’excellentes contre-parties, faut reconnaître…
C’est aussi l’occasion de prouver à Daphnouille que Tentinette se porte bien et s’adapte parfaitement au climat islandais.
Nous quittons définitivement Mývatn. Enfin, que nous croyons…
Pour faire original, direction Húsavik pour voir des baleines, comme des milliers de touristes tous les ans.
Après un petit tour parmi les squelettes géants et les oiseaux empaillés du Whale Museum - Musée des Baleines pour les non-bilingues – nous embarquons sur la Sílvia, un ancien bateau de pêche.
Dix petites minutes plus tard, c’est le début du festival : une baleine à bosses fait son apparition.
Elle nous accompagnera (ou est-ce l’inverse ?) pendant deux bonnes heures, sautant complètement hors de l’eau à trois reprises.
Pôpa, fan des baleines à bosses depuis sa plus tendre enfance, ne s’en remettra pas ;)
( Sur sa requête justifiée, la plus belle photo de la sortie, copyright Pôpa )
En fin de « croisière » dans le large fjord, on a même droit à un petit chocolat et un beignet pour combler nos ventres désespérément vides. Ou pas pour ceux qui n’ont pas trop le pied marin…
Retour sur le plancher des vaches, direction Ásbyrgi, par la sympathique route côtière. La petite légende locale, expliquant la création de ce très étrange cirque rocheux de la forme d’une empreinte de fer à cheval, rapporte que cette vallée serait la trace laissée par Sleipnir, le cheval à huit pattes (oui oui) d’Odin.
Et puis, comme ça nous manquait, on prend de nouveau une piste qui s’enfonce dans des terres arides et désolées, longeant le canyon de la Jökulsá, qui abrite trois chutes d’eau : Hafragilsfoss, Dettifoss et Selfoss.
Pour vous donner une petite idée de l’impression ressentie lorsqu’on est à quelques mètres de Dettifoss, la plus puissante cascade islandaise, à 45 mètres de haut : le débit moyen est 193 m³ d’eau par seconde, la rivière charrie jusqu’à 23 000 tonnes de sédiments par jour, et le sol tremble sous l’effet du courant…
Les paysages sont comparables à ceux vus à Askja la veille, sauf qu’aujourd’hui, le soleil alterne avec de grosses averses du genre orageuse (mais sans orage : jamais d’orage en Islande) : c’est très apocalyptique. Bref, une lumière hallucinante et des photos foirées, dommage, il faudra revenir…
Au final, on a fait une jolie boucle, et on se retrouve à Mývatn à l’heure de chercher un camping. Histoire de ne pas avoir à affronter l’épreuve psychologiquement destructrice de replanter la tente à l’exact emplacement où on l’a déplanté le matin-même, on se retrouve dans un tout petit village, sur un immense terrain champs de camping surpeuplé : il y a nous et … deux allemands en vélo !
Comme l’indique le titre de l’étape du jour, nous ne restons pas autour du lac de Mývatn. Aujourd’hui, c’est « Ze expedition » que tout le monde attend : nous allons à Aksja. Askoi ? En fait, quand on préparait (plus ou moins) l’itinéraire de ces vacances, à chaque fois que je demandais à l’un de mes collègues islandais ce qu’il fallait absolument voir en Islande, il me répondait « Askja », un énorme volcan, situé au beau milieu d’un désert minéral, au cœur des Highlands (qui culminent bien à 500 m…). C’est pourquoi nous allons aujourd’hui nous taper 270 km de bus 4*4 avec le sourire.
Les panneaux au départ de la piste annoncent la couleur : dans cette direction, 268 km avant la prochaine station essence, 60 km avant le prochain camping. C’est peu dire que celui-ci est littéralement au milieu de nulle part…La végétation, une fois de plus, disparaît rapidement alors qu’alternent étendues sableuses et champs de lave.
Nous longeons un cratère éventré par un jökullhaup, c’est-à-dire une inondation catastrophique causée par l’éruption d’un volcan sous le Vatnajökull, qui est quand même à une bonne centaine de kilomètres de là…
Premier gué, les doigts dans le nez, même pas peur. On s’arrête pour déguster in situ l’eau minérale islandaise, supposée être l’une des plus pure et des plus goûtues de la planète. Ce qu’on ne pourra nier, c’est qu’elle est bien fraîche.
Nous approchons de la rivière glacière, aux eaux grises et laiteuses (pas d’arrêt dégustation cette fois…).
La piste, jusque là relativement agréable, prend une tournure plus chaotique quand on attaque la première coulée de lave. Et le paysage au milieu de la région la plus aride d’Islande se fait de plus en plus désolé. Nous roulons à travers une vaste étendue de roches noires, jusqu’à l’oasis locale : le camping ! Qui est véritablement une oasis, puisque on y trouve la seule source d’eau douce de la région. Pour les palmiers par contre, on repassera.
Nous sommes au pied du Herðubreið, un imposant volcan en table surnommé « la reine couronnée» dominant le désert du haut de ces 1700m.
Nous est en ces lieux contée l’exceptionnelle histoire d’un hors-la-loi dont je n’ai pas bien saisi le nom, à coucher dehors, bien sûr (on ne croit pas si bien dire, héhé). Ce charmant garçon avait donc commis un crime irréparable, récidive de vol de moutons mettons (comprenez qu’en Islande, c’était hyper grave). Resituons-nous : nous sommes au XVIIIe, et à l’époque, la sanction pour ce genre de crime c’est au choix : le bannissement d’Islande, l’emprisonnement, ou 20 ans d’exil dans les Hautes Terres, après quoi on mérite de retrouver sa condition d’homme libre. Pas besoin de vous faire un calcul savant des probabilités de succès. Mais notre ami hors-la-loi a de la ressource : il choisit cette dernière option. Dix ans plus tard, il est toujours vivant, mais cet andouille s’autorise une visite à la civilisation (certainement pour voir sa « dulcinée »). Evidemment, il se fait chopper à Mývatn. Et cette fois, on ne lui offre pas de choix, c’est l’emprisonnement. Notre pieux (ou pas) bandit demande alors à se rendre une dernière fois à l’église. Et il en profite pour prendre la poudre d’escampette, vole un cheval et s’enfuit vers Herðubreið, au pied duquel il s’installe. Là dedans :
Et il va passer là le pire hiver de son existence, des températures avoisinant bien trop souvent les –25°C, tempêtes de neige ; pas de bois, donc pas de feu, avec pour seule nourriture du cheval putréfié et des racines (pas vraiment comestibles) d’angélique. Il y survit. Et il survit une nouvelle décennie dans les Highlands. La légende raconte qu’il fut l’unique hors-la-loi ayant réussi à regagner sa liberté de la sorte. Avec des habitants pareils, on s’étonne un peu moins que l’Islande soit habitée ;)
Nous reprenons la route, et le désert est désormais saupoudré de pierre ponce d’un gris jaunâtre, renforçant l’aspect complètement lunaire du paysage, caractère qui n’avait pas échappé aux Ricains, venus s’entraîner ici entre 1965 et 67 pour les missions Apollo. Exactement ici.
Nous arrivons enfin à Askja alors que nos estomacs commencent à crier famine. On ne voit pour le moment qu’une masse montagneuse, puis un nouveau camping avec un refuge, et une nouvelle coulée de lave que nous franchissons. Here we are ! Bon, en fait, heu, à ce moment-là, à part de la lave et des cailloux, et des 4*4, beaucoup trop de 4*4, on voit pas grand chose. C’est légèrement hallucinant : Askja est probablement l’un des lieux les plus isolés d’Islande, et d’un seul coup, on a absolument plus aucune sensation d’isolement. La fin de l’approche se fait à pied, on dépasse une sorte de petit col, et on tombe sur ça :
Une immense caldeira, 10 kilomètres de diamètre, remplie de lave refroidie. On marche pendant 40 minutes dans celle-ci, et d’un seul coup - excellent effet de surprise naturel – apparaît Öskjuvatn, le lac le plus profond d’Islande (220m), qui occupe la seconde caldeira.
Au final, la zone est un sacré mic-mac géologique : en tout 3 caldeiras imbriquées, résultant de l’éruption de 1875. Suite à l’explosion de l’énorme chambre magmatique, la région fut recouverte de pierre ponce, la chambre s’effondra, les gaz toxiques et les cendres émis tuèrent la végétation, et donc le bétail, entraînant une grave famine, tuant ou forçant à l’exil bon nombre d’Islandais. Ca fait froid dans le dos, non ? Je cite le guide touristique « Il est toujours un peu inquiétant de penser qu’un tel cataclysme qui, à l’époque, affecta tout le continent européen, peut encore se reproduire à un moment où un autre ». Un peu ?
La principale attraction du lieu, à part son paysage grandiose et son isolement, c’est Víti, le petit cratère d’explosion adossé à Öskjuvatn, qui lui aussi abrite un petit lac aux eaux d’un joli bleu laiteux, température moyenne : 24-25°C.
S’offre à moi un petit dilemme : nous n’avons que 10 minutes devant nous, j’ai mon maillot de bain dans mon sac, et il doit faire entre 6 et 8°C avec un temps très couvert. Je suis une mauviette (pas taper !), je ne me baignerai donc pas. Par contre, y’en a un qui n’a pas pu résister…
Et voilà, c’est déjà l’heure de repartir : nous avons passé en tout et pour tout deux heures à Askja. C’est frustrant de rester si peu de temps dans un endroit aussi grandiose. Et c’est encore plus frustrant de s’enfoncer de 100 km dans une région désertique pour se rendre compte qu’on est bien loin d’être les seuls à avoir été conseillé de visiter cet endroit. Bref, nous fûmes frustrés, mais enchantés par cette journée.
Comme l’indique le titre de l’étape du jour, petit kilométrage mais toujours de beaux paysages.
On commence par le retour de la vengeance des boulets qui cherchent un lieu sans le trouver : cette fois, on aimerait vraiment les trouver, ces deux grottes sous la lave, mais les indications ne sont pas vraiment claires voire carrément contradictoires. Au final, c’est une demi-victoire : nous trouvons Grjótagja, hot pot souterrain, aujourd’hui trop chaud pour y faire trempette.
Mais impossible de mettre la main sur Stóraga. On tombera finalement dessus plus ou moins (plutôt plus que moins) par hasard en fin de journée.
Nos errances nous ont cependant parmi de croiser ce charmant volatile et sa petite famille, qui fait traditionnellement la joie des estomacs islandais à Noël.
Je tenterais bien un petit concours d’identification ornithologique, mais comme visiblement, vous (excepté mon fidèle d’agneau) n’avez rien à secouer de mes concours , il s’agit de lagopèdes.
On va ensuite faire un petit tour au très fameux (sisi) Dimmubogir, un champs de lave ruiniforme. Bon, en fait, c’est pas folichon et ya beaucoup trop de cars de touristes, donc vous n’en verrez même pas de photos.
On a déjeuné ce jour-là dans un petit restaurant au concept assez sympathique : c’est une sorte de ferme auberge, et la salle du resto est juste à côté de la salle de traite et des étables. Suivant l’heure, on peut donc manger un morceau tout en assistant à la traite des vaches, à travers une grande baie vitrée. Nous, on a pu observer à loisir les deux garçons de ferme nettoyer la salle de traite…tout en dégustant des produits typically islandic (oui, bon, ben, je sais pas le dire en islandais, alors…) : de la truite fumée et de l’agneau fumé. Miam.
Digestion active en grimpant en haut d’Hverfjall, un impressionnant volcan explosif.
Depuis tout là-haut, magnifique vue sur le lac.
On finira par un rapide tour du lac, en espérant apercevoir quelques unes des nombres espèces d’oiseaux qui y nichent…Nous croiserons bien quelques eiders (des canards, quoi), mais surtout nos narines comprendront pourquoi Mývatn est un lac qui porte bien son nom. « vatn » signifie eau ou étendue d’eau, et « mý » moucheron…
L’anticyclone centré sur le Groenland s’offre depuis deux jours une petite excursion hors saison touristique sur l’Islande. Malgré un soleil resplendissant, le thermomètre prend un sacré coup au moral : résultat, ce matin il fait 1°C. Alors on sort gants et passe-montagne (ou pas) pour affronter un petit vent bien coupant …
On nous avait même promis quelques flocons pour aujourd’hui ! Le premier bonhomme de neige de la saison me paraît un peu compromis cependant, si on considère qu’il n’y a pas un nuage à l’horizon…Et qu’on m’a assuré qu’ici, il ne neige (presque) jamais !
Qui dit flux de nord, dit donc froid ET ciel dégagé, dit aussi…Aurore boréale of course !!! Alors hier soir, armée de mon plus beau pull islandais (qui sent encore un peu le mouton d’ailleurs…), je suis montée sur le toit, enfin sur le balcon du grenier. Et oui, j’habite l’une des maisons les plus hautes de la ville, et donc malgré l’éclairage urbain nocturne, j’ai pu guetter cette lueur verte caractéristique des nuits polaires… J’ai donc eu froid, failli perdre un doigt, mais j’ai VU !

D’accord, la photo est un peu – comment dire…- toute pourrie. Vous la voyez pas, la légère lueur verdâtre, là, au -dessus d' Heimaklettur ? Promis, dès que l’occasion se (re)présente, je réessaie loin des lumières de la ville.
Bon, bah, voilà, ça, c’est fait. J’peux rentrer à la maison maintenant ;)
EDIT : Heu, bon en fait, j’ai été médisante à propos de la fiabilité de la météo islandaise … Puisqu’il a effectivement neigé … une bonne partie de la nuit … Et que l’île est toute de blanc vêtue (et moi, j’ai les pieds humides et gelés) ! C’est Noël en octobre, youhou !!!! Photos coming soon (c’est-à-dire je sais pas quand, mais bientôt).




















































