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C’est parti pour la (enfin, ma) plus belle journée de ce (trop) rapide tour d’Islande. Pas que ce que je vous raconterai plus tard soit sans intérêt, sinon je vous le raconterais pas (quoique), mais ce fut le premier aperçu de l’Islande volcanique et inhabitée des hautes terres, et ça vaut son pesant de cacahuètes.

Nous quittons Seyđisfjörđur pour Egilsstađir, ville de taille respectable (pour l’Islande), moche, mais situé près d’un long lac où habiterait Lagarfljótsormurinn. Qu’est-ce que c ‘est que ce Lagamachin, me diras-tu Lecteur. Encore une légende islandaise tirée par les cheveux ? Tout à fait : une jeune damoiselle gardait précieusement une bague en or dans un coffret, sans jamais la regarder. Un jour, la coquette voulut certainement la porter, et se décida enfin à ouvrir le petit coffret. Malédiction, l’anneau se transforma en ver. La damoiselle, un peu chochotte, jeta dégoûtée le tout dans le lac. Mal lui en prit : le ver trouva le lac à son goût s’y établit de manière permanente, et grossit,GROSSIT, GROSSIT, pour devenir aujourd’hui le digne cousin islandais de Nessie. L’histoire ne précise pas si le coffret en bois connut un destin tout aussi exceptionnel.

Nous longeons le lac espérant secrètement apercevoir (ou pas) la bête, notre objectif étant Hengifoss. Je t’entends d’ici Lecteur ; « Pfff, encore une cascade…Y z’en ont pas marre ? » Definitely not. Surtout quand il y a petite marche d’approche se terminant par une étroite gorge rocheuse et des petits gués à franchir, pour arriver au pied de l’une des plus hautes cascades d’Islande : 118 m de haut.

C’est pas le tout, mais on a de la route. Objectif Mývatn, mais avant ça, 130 km à parcourir au milieu d’étendues inhabitées (ou presque), sans station essence. La route n°1 monte doucement dans de hautes collines herbues sous un soleil éclatant, les fermes se font de plus en plus rares, les moutons parsèment toujours le paysage.

A partir de dorénavant, on ne pose pas de question et on double-clique sur les photos pour les voir en grand. Ya aussi du nouveau du côté de Flickr…

Alors que nous traversons ce qui ressemble fortement à un immense haut plateau d’alpage, la moitié des passagers ne daigne même pas garder les yeux ouverts pour profiter de ce magnifique paysage. Et ça limite sérieusement nos chances d’apercevoir les rennes qui sont censés vivre dans la région.

La route devient une piste, ce qui ne manque de réveiller nos dormeurs, d’autant plus que notre chère Toyota reprend son activité favorite de ramassage de cailloux. Il eût été dommage qu’ils loupassent ce que nous découvrons ensuite : le paysage se fait de plus en plus aride, la lande de plus en plus rase et sèche, et nous nous retrouvons rapidement au milieu d’un désert minéral, sous un soleil éblouissant. Il fait même presque chaud. Nan, c’est une blague. Le paysage est saisissant de désolation et de beauté austère. Et même les moutons – que l’on trouve pourtant fréquemment sur les coins les plus caillouteux et les moins herbus, va comprendre ce qui se passe dans le cerveau du mouton islandais…- ont disparu.

Petite précision : cette dernière photo est à mille lieues de donner ne serait-ce qu’une légère impression de la beauté de l’endroit, frustrant non ? Et j’exagère à peine…

On ne va (malheureusement ?) pas rester là éternellement, c’est pas super hospitalier non plus, on reprend donc la route. Trop d’émotions visuelles pour nos deux dormeurs perturbés dans leur sieste : ils tombent de nouveau dans les bras de Morphée. Grave erreur : ils vont louper le retour à la végétation…

Nous approchons de notre destination finale, et apercevons les premières fumerolles. Mývatn, situé sur la dorsale médio-atlantique, est une zone géologiquement très active. Premier arrêt à Námafjall : laissons les images parler d’elles-même. La lumière est exceptionnelle ; par contre ça pue, on en aurait presque mal au crâne.

Ca fait des bulles, c’est rigolo…

Puis à quelques kilomètres de là, Leirhnjukur : ça semble au premier abord n’être qu’une aire de fumerolles souffrées de plus et une petite coulée de lave. En fait, la coulée en question fait 36 km², et s’est formée suite à une éruption fissurale qui a duré de 1977 à 1984. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, ça fume toujours ! On a véritablement l’impression de marcher sur une zone en éruption, Tonton ne s’en est toujours pas remis ;)

Pour finir cette journée bien remplie, un petit tour au pied du volcan Krafla, où se trouve un imposant cratère d’explosion, Víti (l’Enfer en islandais, niark niark niark…).