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Ce jour fut un grand jour : j’ai enfin dormi dans des conditions thermiques raisonnables. La combinaison pyjamesque optimale est finalement constituée d’un collant, de chaussettes (rouges) en laine, d’un caleçon damart (spéciale dédicace à David ;) ) en polaire, d’un pantalon de pyjama, d’un débardeur, d’un tee-shirt à manche longue, d’une petite polaire, du polo SIA (une Agro reste une Agro, même quand elle a froid), d’un pull…et d’un duvet pourri ! Seul inconvénient dans l’espace réduit que constitue la tente – et encore ce n’est pas Tentouze…- je mets plus de temps à m’habiller le soir que le matin…

Nous allons passer la journée à longer les fjörds de l’Est. Malheureusement, le plafond nuageux est trop bas pour que nous profitions pleinement du paysage. Certains diront que ça n’aurait pas changé grand chose (hé ouais, y’en a qu’ont joué les blasés après la journée précédente, suivez mon regard…). N’empêche que ce sont quand même d’imposants fjörds – beaucoup plus larges que ce à quoi je m’attendais – avec un petit port au fond de chaque. Rien de remarquable à signaler, ce n’est de toute façon pas pour l’architecture qu’on vient jusqu’ici.

Petit jeu concours pour la photo suivante, ça faisait longtemps : mais qu’est-ce que c’est  donc que c’est? Indice : c’est une question piège. Et ceux qui y sont passés n’ont pas le droit de jouer, même sous un nom d’emprunt…

Nous faisons tout de même un arrêt café-tarte à la rhubarbe au café français de Fráskruðsfjörður, littéralement « fjörd des français ». Et oui, il fut un temps, les français venaient pêcher la morue, ou plutôt le cabillaud (parce que pêcher du poisson déjà séché ce serait une sacrée performance) par ici. La pêche n’étant pas sans danger dans ce coin de l’Atlantique Nord, on trouve logiquement dans ce village, un hôpital, une chapelle et un cimetière français. Pas la peine de préciser qu’il y a un peu de sang français qui coule dans certaines veines par ici…

Nous passerons la nuit à Seyđisfjörđur, que l’on rejoint en passant un col – l’espace d’un instant, on se croirait dans les Alpes – avant de découvrir la petite ville nichée au fond de ce joli fjörd. Pour l’anecdote, elle possède l’un des plus petits cinémas du monde (sans aucun doute le plus petit d’Islande) : une douzaine de fauteuils, et une programmation très indépendante et aléatoire, dépendant essentiellement du bon vouloir de ses fantasques propriétaires !