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Mercredi dernier, j’étais dehors en débardeur. Oui, ça mérite un article. Juste pour que ceux qui se gèlent actuellement dans l’hémisphère sud m’envient. Et pour que ceux qui croyaient que je partais au Pôle Nord se rendent compte que l’Islande, c’est juste en dessous du cercle polaire, et qu’il y a bel et bien un été. Bon, pour de vrai, je bien suis restée…une heure en t-shirt, et encore, parce qu’on était sur une colonie un peu isolée, à un endroit très abrité du vent, avec des falaises bien sombres juste à côté. Et qu’il faisait un temps superbe of course (Oui, j’insiste, je sais. Je vais m’en mordre les doigts – gelés – cet hiver en me relisant…). Mais quand même.
Pour que toi, cher lecteur, tu ne restes pas sur ta faim avec cette histoire de manches courtes, un petit mot sur l’expérience culinaire de ce même mercredi. En effet, une partie de la « whale team » – des biologistes marins qui sont venus écouter les orques et autres cétacés dans le coin au cours du mois dernier – nous quittait. Ca valait bien le coup de mettre les petits plats dans les grands. Et puis Erpur avait visiblement envie de frimer avec ses talents de cuisinier.
Avertissement ami lecteur : si tu es végétarien, membre de la LPO, ou si t’es intolérable l’idée de manger tout ce qui est choupi et coloré, ne lis pas la fin de cet article.
Au menu donc…du macareux ! Et oui, la chasse est enfin ouverte. Ce fut donc l’occasion de découvrir sous un nouvel angle mon sujet de recherche… En fait, le macareux est fourbe. Ou plutôt sa viande est fourbe. Car mal cuisiné, je pense que c’est relativement immangeable. Mais comme Erpur ne frime pas sans raison, on a eu le droit à un plat digne d’un grand restaurant islandais, et ma grande surprise, non seulement le macareux ça se mange, mais en plus c’est bon. Comme c’est pauvre en gras, c’est pas vraiment tendre, mais ça a un petit goût de gibier, avec bien évidemment un fumet légèrement poissonneux, vu le régime alimentaire de la bestiole. Et spécialement pour moi, ça avait aussi un parfum de migraine (spéciale dédicace au p’tit Nico), j’adore les régimes de faveur.
Pour achever les âmes sensibles qui se sont accrochés et qui ont absolument voulu lire la fin de cet article, je pourrais vous raconter comment l’autre jour on a disséqué des macareux à 6h du matin dans l’atelier-abattoir local, au milieu des carcasses (d’un côté) et des poitrails d’oiseaux (de l’autre côté). A donner une crise d’urticaire au premier inspecteur vétérinaire français. Et oui, les muscles de vol, il n’y a que ça qui se mange dans la bête. Et pour les récupérer, faut y aller à la barbare : tu casses une aile, tu casse l’autre, tu tires dessus, ça ouvre la bête en la déchirant, et t’arraches le poitrail. Et hop, t’attrapes un autre oiseau, et tu recommences. On n’avait pas petit-déjeuner avant de venir, et c’était peut-être mieux comme ça.
PS : Toi, lecteur et ami, qui – pour une fois – a la chance (ou pas) d’avoir de mes nouvelles régulièrement, n’hésites pas à me donner de tes nouvelles. Mon réseau local d’informateurs fait ce qu’il peut, mais rien ne vaut l’information à la source, n’est-ce pas ?
