Nous voilà donc parti pour un petit périple automobile à travers le Sud de l’île principale, à destination de la colonie de macareux d’Ingólfshöfđi, à environ 200 km à vol d’oiseaux des ïles Vestmann. Mais comme nous ne volons malheureusement pas, nous commençons par nous taper 3 heures de ferry après le petit déjeuner.
L’Islande de ce côté est d’abord une vaste campagne, plate et herbue. Agricole même : on peut y voir moult moutons et chevaux islandais, des bottes de foin enrubannées et même des vaches, oui oui ! On y trouve aussi une prison au milieu des champs. Si j’ai bien compris, c’est la seule en Islande.
Au fur et à mesure que nous avalons les kilomètres, l’habitat se clairsème, les montagnes se rapprochent. Nous longeons maintenant une longue falaise, parsemée d’impressionnantes cascades. Nous filons plus vite que le vent, et ne nous arrêtons que pour de courtes pauses pipi, donc pas de photos. M’en fous, je reviendrais (j’espère). Le Sud, c’est beau, me dis-je.
Hé bien je n’ai encore rien vu. A mon insu, quelqu’un nous a réduit à la taille de shtroumpfs. Nous traversons d’interminables champs de lave, nous passons de larges rivières glacières, nous longeons des glaciers. Ce pays semble tout simplement immense, à une autre échelle. Ils doivent avoir une promo sur l’horizon XXL ! L’effet est saisissant.
Nous approchons de notre destination finale : un promontoire basaltique, au milieu d’une étendue de sable noire de plusieurs dizaines de kilomètres carrés. Ce promontoire est en fait une réserve naturelle, et on ne peut s’y rendre qu’en tracteur, dans une grande remorque spécialement destinée aux excursions touristiques. Nous retrouvons par le plus grand des hasard Yann, le franco-viking, qui accompagne un groupe un peu spécial de touristes américano-canadien. Ils sont tous en vacances en Islande pour photographier des oiseaux, et comme nous, ils sont là pour les macareux. Vincent, Quentin, vous auriez été vert de leur matos. J’ai jamais vu des objectifs aussi énormes. Par contre ils se sont bien galérés à les porter dans la dune…Bon, nous aussi avec tout notre attirail, mais là n’est pas la question.
C’est donc parti pour 9 km de tracteur, au milieu d’un paysage à couper le souffle.
Mais nos touristes photographes, eux, sont visiblement focalisés sur leurs zoiseaux, et jettent à peine un regard autour d’eux. Etrange. Une fois arrivés au promontoire, ils sont aux anges : les macareux ici sont habitués à la présence des touristes, et se laissent relativement bien approcher.
Vous ne le savez pas encore, mais vous allez être témoin d’un événement majeur dans la recherche sur Fratercula artica , aka le macareux.
Nous sommes littéralement sur le cul. On ne nous a pas menti : un nombre significatif d’oiseaux se baladent effectivement avec des petits poissons, qu’ils ramènent dans leur terrier. Premier terrier venu, on jette un coup d’œil avec la caméra infra-rouge : un poussin. Une grosse boule de duvet sombre, quoi. Cela signifie donc que cette colonie a quasiment un mois d’avance sur celle des îles Vestmann, ce qui signifie que les oiseaux sont revenu de migration un mois plus tôt ici. En plus, ils ne semblent pas nourrir les petits avec l’espèce de poissons habituelle pour le macareux islandais. En bref, nos observations montrent que cette colonie se porte extrêmement bien, bien mieux que l’autre à seulement 200 km. Et pour le moment, on manque d’explication. Mais c’est là que ça devient intéressant, héhéhé !
On passe la nuit dans une sorte de cabane ma foi bien confortable pour un refuge d’urgence.
Le lendemain en début d’après-midi, il est déjà temps de décoller, navette tractée oblige. Mais on a plein de temps devant nous, donc on pousse jusqu’au Jökulsarlón, sorte de petit Perito Moreno. Soit un glacier qui tombe dans un lac. Ou un lac avec de gros glaçons, tout dépend du point de vue.
Sur le chemin du retour, on continue à faire (un peu) de tourisme, avec un arrêt à Dyrhólaey, un autre promontoire basaltique.
Et puis bon, comme on ne reprend le ferry qu’à 2 heures du matin, on pousse jusqu’à Reykjavik pour y déposer Elinborg et Halfdan, boire une petite bière chez un de ses potes, un blond islandais aux cheveux looooooongs et au pantalon patte d’ef’ … Etranges les vikings de nos jours. J’y apprends que les françaises ont ici la réputation d’avoir du poil aux aisselles (je sais pas pourquoi, mais je sens que tu vas te délecter de ce détail mon cher Antoine…).
Du coup, on décolle à la bourre et on se voit déjà obligé de dormir dans la voiture et attendre jusqu’à midi le prochain ferry. Pour mon plus grand soulagement, Erpur est chanceux (ben oui, moi j’ai toujours la poisse) : le ferry a une heure de retard.
On a d’ailleurs failli gagner un retour gratuit puisqu’on a dormi comme des souches et qu’on s’est réveillé une bonne demi-heure après que le ferry soit arrivé au port…







6 comments
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27 juin 2008 à 12:58
Pierret'
Mais alors c’est en Islande, Vol-D’oiseau? Héhé
Sinon, c’est presque frustrant, les lacs canadiens, à côté de tes photos…
27 juin 2008 à 4:56
Antoine
Je sais c’est pas si c’est moi le Antoine visé par ton commentaire mais ce qui est sûr c’est que c’est pas le poil aux aisselles qui va me faire aimer les femmes…
28 juin 2008 à 5:03
Daphney
Quoi ????!!!!
28 juin 2008 à 1:49
Pierret'
Mais y’a pas d’inquiétude pour toi, Dada!
29 juin 2008 à 8:00
Daphney
ahhh oui, j’avais oublié que j’étais un mec … désolé, Mister Bougue ; ici, personne ne l’a encore remarqué… ^^
30 juin 2008 à 3:46
Pierret'
Alors ne le dis pas, peut-être que les beaux surfeurs australiens ne s’en rendront pas compte!